Le plus ancien argot français documenté est, selon le spécialiste de l’argot ancien Lazare Sainéan, celui des Coquillards, une bande de malfaiteurs jugée à Dijon en 1455. On le connaît par deux sources très différentes. La première est judiciaire : un greffier a noté, sous la dictée d’un témoin, les mots secrets de la bande. La seconde est littéraire : des ballades en jargon, traditionnellement attribuées au poète François Villon, imprimées en 1489.
Cet article présente d’abord les mots qu’on employait alors pour désigner ce langage. Il décrit ensuite la bande, le procès et le lexique qu’il a conservé. Il examine enfin les ballades de Villon, leur nombre discuté et les tentatives pour les déchiffrer.
Jargon et jobelin : les mots de l’époque
Parler de l’« argot » des Coquillards est commode, mais c’est un anachronisme. Le mot argot n’existe pas encore au XVe siècle. Le TLFi (Trésor de la langue française informatisé, dictionnaire de référence pour l’histoire des mots) le date de 1628[2]. Il désigne alors la « communauté des Gueux », un groupe social, et non une langue. Le sens de langue n’apparaît qu’en 1701, chez Furetière. Son origine est jugée « obscure »[2]. L’histoire de ce mot est développée dans l’article sur l’argot parisien du XIXe siècle.
Au XVe siècle, on dit jargon. Le mot est beaucoup plus ancien. Le TLFi le relève dès 1175-1185 en anglo-normand, au sens de « langue étrangère et inintelligible »[1]. Vers 1270, il prend déjà le sens de « langage des voleurs »[1]. Le TLFi le rattache à une racine onomatopéique garg-, qui désigne la gorge[1]. Le procès de Dijon emploie précisément ce mot : les compagnons, dit le document, ont entre eux « certain langaige de jargon et autres signes »[3].
Un second terme apparaît dans le titre de l’édition de 1489 : jobelin. Selon Sainéan, c’est un synonyme de jargon[3]. Une farce de l’époque fait dire à un personnage : « Je n’entens point son jobelin »[3].
Les Coquillards, une bande du XVe siècle
D’anciens soldats devenus brigands
L’historien Jean Meyer replace la bande dans son contexte militaire. Après le traité d’Arras (1435) entre Charles VII et Philippe le Bon, puis la trêve de 1444, une partie des troupes devient inutile[6]. Ces soldats désœuvrés se transforment en bandes de brigands. Selon Meyer, la plus célèbre est celle des Coquillards[6].
Marcel Schwob, érudit de la fin du XIXe siècle, proposait une origine voisine. Pour lui, la société de la Coquille s’était formée avec les « débris » de bandes d’écorcheurs revenus de la bataille de Saint-Jacques[7]. Les deux explications se complètent. Elles ne disent pas tout, car le recrutement était varié.
Meyer cite en effet des Espagnols, des Parisiens, des Écossais, des Bretons, des Savoyards, des Normands, des Picards et des Provençaux[6]. La bande comptait aussi des clercs : des chanteurs de la Sainte-Chapelle de Dijon et des étudiants[6]. Ce mélange compte pour comprendre leur langage.
Une organisation hiérarchisée
La bande avait un chef, appelé « roi de la Coquille »[7]. Meyer décrit au-dessous de lui une hiérarchie de « maîtres », de « biens subtils » et de « maîtres longs », puis des apprentis spécialisés[6]. Le TLFi, d’après Sainéan, mentionne aussi des apprentis, un maître, et une pratique particulière : la mise en gage de bijoux truqués[8].
Meyer précise un point utile : ces bandes ne faisaient pas partie du « royaume des gueux » des cours des miracles[6]. Leurs spécialités, on le verra, étaient le vol, la tricherie au jeu et le meurtre.
Combien étaient-ils ?
Les chiffres divergent dans les documents eux-mêmes. Selon le témoin principal du procès, la bande comptait mille affiliés ; des documents de 1459 n’en comptent que cinq cents[7]. Meyer retient « quelque cinq cents membres »[6]. Ces nombres viennent d’un délateur et de juges. Ils ne sont pas vérifiables.
D’où vient le nom ?
Le procès explique lui-même le nom de la bande. Le TLFi en cite la phrase : « et appellent iceux galans les Coquillars qui est a entendre les Compaignons de le Coquille »[8]. C’est la première attestation du mot coquillard[8].
Pourquoi « la Coquille » ? Deux hypothèses existent, et le TLFi les expose toutes deux[8] :
- l’expression vendre ses coquilles, qui signifiait « tromper » ;
- le déguisement en pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont l’insigne était une coquille.
L’Académie française[9] et Jean Meyer[6] ne retiennent que la seconde. Meyer parle d’un « symbole de ralliement ». La question n’est pas tranchée.
Le procès de Dijon (1455)
L’enquête
L’enquête commence en octobre 1455. Elle est menée par Jehan Rabustel, procureur syndic de la ville de Dijon. Selon Schwob, il interroge d’abord, le 1er octobre, un homme déjà détenu, Régnault Daubourg. Les réponses lui paraissent graves : deux jours plus tard, il ouvre une enquête en règle contre les compagnons de la Coquille[7]. Sainéan date lui aussi l’enquête du 3 octobre[10].
Le témoin décisif est un barbier, Perrenet le Fournier. Selon Sainéan, il avait reçu et caché les compagnons pendant deux ans. Il livre les noms des principaux d’entre eux et dicte le vocabulaire de leur jargon[10]. Le greffier dresse ainsi un lexique des Compagnons de la Coquille[3]. C’est un document rare : une liste de mots secrets établie par la justice, au moment même où ils sont employés.
La répression, selon Meyer, est « exemplaire » : dix pendus et quatre condamnés « boullus » vifs, c’est-à-dire bouillis vivants, pour fausse monnaie[6]. Ce bilan n’a été trouvé que chez cet auteur.
Le plus ancien document de l’argot
Pour Lazare Sainéan, spécialiste de l’argot ancien au début du XXe siècle, le procès des Coquillards est le plus ancien document de l’argot français[3]. Le jargon des voleurs existait sans doute avant : le sens de « langage des voleurs » est attesté vers 1270[1]. Mais 1455 offre, pour la première fois, des mots et leurs sens.
Le dossier a ensuite été oublié. Il a été redécouvert en 1842 par Joseph Garnier[11]. Marcel Schwob l’a étudié en 1892 dans les Mémoires de la Société de linguistique de Paris[11].
Ce que contient le lexique
Le texte même du glossaire de 1455 n’a pas pu être consulté pour cet article. Les sens donnés ci-dessous viennent de Marcel Schwob et de Jean Meyer, qui l’ont lu. Ils concordent pour les mots qu’ils citent tous deux.
| Mot du jargon | Sens | Selon |
|---|---|---|
| coquillar | membre de la bande | procès, cité par le TLFi[8] |
| roi de la Coquille | chef de la bande | Schwob[7], TLFi[8] |
| blanc, sire, dupe, cornier | la victime trompée | Schwob[7] |
| vendengeur (vendangeur) | coupeur de bourses | Schwob[7], Meyer[6] |
| envoyeur | tueur | Schwob[7], Meyer[6] |
| basisseur | assassin | Schwob[7] |
| beffleur | tricheur aux jeux de hasard | Meyer[6] |
| blanc coulon | voleur opérant dans les hôtelleries | Meyer[6] |
| gascâtre | apprenti | Meyer[6] |
Meyer décrit cette langue comme un « mélange de mots étrangers, d’ancien français, de latin, de langue universitaire, d’expressions quotidiennes dévoyées de leur sens »[6]. Ce mélange fait écho à la diversité du recrutement décrite plus haut : soldats de nombreuses provinces, mais aussi clercs et étudiants.
Le cas de dupe
Un seul mot de ce lexique vit encore dans le français courant de façon certaine : dupe. Meyer le cite parmi les termes « entrés dans le langage courant »[6]. Il faut pourtant éviter un raccourci : les Coquillards n’ont pas inventé le mot.
Le TLFi atteste en effet duppe, « personne qui se laisse facilement tromper », dès 1426, soit vingt-neuf ans avant le procès[12]. Il l’explique par huppe, nom d’un oiseau réputé avoir l’air stupide[12]. Le procès montre donc que le mot circulait chez les Coquillards ; il n’en marque pas la naissance.
Meyer cite d’autres mots passés dans les argots plus tardifs, comme quilles pour « jambes »[6]. Ce point n’a pas été recoupé dans une autre source.
Les ballades en jargon de Villon
Villon et les Coquillards
François Villon naît en 1431[13]. Vers Noël 1456, la chapelle du collège de Navarre est forcée et cinq cents écus d’or sont volés ; le vol n’est découvert qu’en mars 1457[13]. La biographie de Villon publiée par l’Encyclopædia Britannica en 1911 rattache le poète et plusieurs de ses compagnons à cette affaire[13]. Banni par le Parlement le 5 janvier 1463, Villon disparaît ensuite de l’histoire[13].
Villon était-il lui-même coquillard ? Rien ne permet de l’affirmer. Daniel Poirion écrit seulement qu’il était « en rapport avec des coquillards, notamment Colin de Cayeux »[4]. Schwob a établi deux liens. Regnier de Montigny, compagnon de Villon, figure dans la liste des Coquillards, avec la mention « mort et pendu »[7]. Et Villon, selon Schwob, joue sur le nom de Colin de Cayeux en l’appelant « Colin l’Escailler », c’est-à-dire « le Coquillart » : escaille signifie « écaille, coquille »[7]. Ce sont des recoupements, pas des preuves.
Six ballades imprimées en 1489
En 1489, Pierre Levet imprime la première édition de Villon. Elle rassemble six ballades en jargon sous le titre Jargon et jobellin[4]. Elles s’adressent nommément aux Coquillards : « Coquillars, narvans à Ruel »[14]. Elles nomment aussi Montigny et « Colin de l’Escaillier »[14].
Leur début montre à quel point le texte est opaque pour un lecteur moderne.
A Parouart, la grand Mathe Gaudie,
Où accollez sont duppez et noirciz,
De par angels suyvans la paillardie,
Sont greffiz et prins cinq ou six
On y reconnaît au passage duppez, à rapprocher de dupe. Le reste résiste. Aucune traduction suivie n’est proposée ici, car aucune édition savante n’a été consultée pour cet article.
Sainéan le constatait déjà : malgré le lexique de 1455, la plus grande partie des ballades « reste encore indéchiffrable »[3]. La Britannica de 1911 jugeait le recueil en grande partie « totalement inintelligible »[13]. Le procès a toutefois permis, selon Poirion, de mieux comprendre certaines métaphores du vol et du jeu[4]. Schwob allait plus loin : pour lui, le jargon des Coquillards est « de tous points semblable » à celui des ballades[7].
Six, sept ou onze ballades ?
Le nombre des ballades en jargon est discuté. Le tableau résume les positions.
| Source | Nombre de ballades | Position |
|---|---|---|
| Édition Levet, 1489 | 6 | Corpus de base[4] |
| Auguste Vitu, 1884 | 11 | Ajoute cinq ballades inédites du manuscrit de Stockholm[15] |
| Auguste Longnon, 1892 | 7 | N’admet qu’une septième ballade tirée de ce manuscrit[3] |
| « Hermès », 1892 | 6 | Juge les ballades VII à XI fabriquées entre 1874 et 1880[16] |
Le manuscrit de Stockholm, dit manuscrit « Fauchet », est conservé à la bibliothèque de Stockholm[11]. L’auteur qui signe « Hermès » dans le Mercure de France de 1892 lisait les ballades comme des conseils du « roi de la Coquille » à ses compagnons. Il voyait dans les ballades VII à XI des « centons », c’est-à-dire des assemblages de vers pris ailleurs[16]. C’est une opinion polémique d’époque, non un résultat établi. L’attribution même des ballades à Villon n’est pas prouvée : Alexandra Velissariou parle de ballades « traditionnellement attribuées à Villon »[11].
Déchiffrer le jargon : un chantier ouvert
Les études savantes s’enchaînent depuis la redécouverte du dossier.
Marcel Schwob publie en 1892 son étude du jargon des Coquillards. Son glossaire est resté inachevé : il ne couvre que les lettres A à D[11]. Selon Velissariou, il contient des erreurs, et ses remarques philologiques sont à prendre avec précaution[11]. Denis Delaplace en a publié une édition, avec un glossaire complet du jargon[11].
Lazare Sainéan consacre au sujet L’Argot ancien (1907)[3], puis Les Sources de l’argot ancien (1912, deux volumes)[10]. Il y fait du procès de Dijon le point de départ de l’histoire de l’argot.
Au XXe siècle, Pierre Guiraud a proposé une lecture ambitieuse. D’après Poirion, il a cru pouvoir dégager trois niveaux de sens superposés : le langage des malfaiteurs, celui des joueurs professionnels et un code propre à des milieux homosexuels[4]. Poirion juge ce troisième niveau « très problématique »[4]. Il propose une autre piste : Villon était, selon lui, « en étroit rapport avec des confréries, comme celle de la Basoche du Châtelet »[4]. Cette piste rejoint son hypothèse sur jobelin, langage des « sots ».
Du jargon à l’argot
Le mot coquillard survit à la bande, mais change de sens. En 1628, dans Le Jargon ou Langage de l’Argot réformé, il désigne un mendiant qui se fait passer pour un pèlerin de Saint-Jacques[8]. La même année apparaît le mot argot[2]. L’Académie française définit aujourd’hui le coquillard comme le « membre d’une bande de voleurs de grand chemin »[9].
Le jargon des Coquillards ouvre ainsi une longue histoire. Les argots plus récents ont été mieux documentés : l’argot parisien du XIXe siècle, porté par Vidocq et Hugo ; le louchébem des bouchers ; le verlan.
- 1175–1185Première attestation de jargon, au sens de « langue étrangère et inintelligible »[1].
- v. Jargon prend le sens de « langage des voleurs »[1].
- Première attestation de duppe, « personne qui se laisse tromper »[12].
- Naissance de François Villon[13].
- Traité d’Arras ; des troupes désœuvrées forment des bandes de brigands[6].
- octobre 1455
- 5 janvier 1463Villon est banni par le Parlement, puis disparaît[13].
- Pierre Levet imprime six ballades en jargon sous le titre Jargon et jobellin[4].
- Première attestation d’argot, au sens de « communauté des Gueux »[2].
- Argot désigne la langue des Gueux, chez Furetière[2].
- Joseph Garnier redécouvre le dossier du procès[11].
- Auguste Vitu publie onze ballades, dont cinq tirées du manuscrit de Stockholm[15].
- Lazare Sainéan, L’Argot ancien[3].
Bibliographie
Dictionnaires
- TLFi / CNRTL — Articles « argot », « coquillard », « dupe », « jargon », « jobard ».
- Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition — Article « coquillard ».
Textes
- Villon, François — « Le Jargon ou Jobelin de Maistre François Villon », dans Œuvres complètes, éd. La Monnoye revue par Pierre Jannet, Paris, Lemerre, 1876, p. 124-132 (Wikisource).
- Vitu, Auguste — Le Jargon du XVe siècle, étude philologique : onze ballades en jargon attribuées à François Villon, dont cinq ballades inédites, Paris, G. Charpentier, 1884.
Études
- Sainéan, Lazare — L’Argot ancien (1455-1850) : ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secrètes, Paris, H. Champion, 1907.
- Sainéan, Lazare — Les Sources de l’argot ancien, t. 1, Paris, Champion, 1912.
- Schwob, Marcel — « François Villon », dans Spicilège, Paris, Mercure de France, 1896 (Projet Gutenberg).
- « Hermès » — « François Villon poète argotique », Mercure de France, t. 4, 1892, p. 347-350 (Wikisource).
- Velissariou, Alexandra — Compte rendu de D. Delaplace, Le Jargon des Coquillars à Dijon au milieu du XVe siècle selon Marcel Schwob (1892), Perspectives médiévales, 34, 2012.
Encyclopédies
- Meyer, Jean — « Coquillards », Encyclopædia Universalis.
- Poirion, Daniel — « Jobelin », Encyclopædia Universalis.
- Encyclopædia Britannica, 11e éd., 1911 — « Villon, François » (Wikisource).
Notes et références
- TLFi / CNRTL, article « jargon », section étymologie (consulté le 2026-10-21). ↑
- TLFi / CNRTL, article « argot », section étymologie (consulté le 2026-10-21). ↑
- Lazare Sainéan, L’Argot ancien (1455-1850), Paris, H. Champion, 1907 (texte numérisé sur Internet Archive, consulté le 2026-10-21). Les citations du procès sont reprises de cet ouvrage. ↑
- Daniel Poirion, « Jobelin », Encyclopædia Universalis (consulté le 2026-10-21). ↑
- TLFi / CNRTL, article « jobard », section étymologie, renvoyant au FEW, t. 4, p. 428b (consulté le 2026-10-21). ↑
- Jean Meyer, « Coquillards », Encyclopædia Universalis (consulté le 2026-10-21). ↑
- Marcel Schwob, « François Villon », dans Spicilège, Mercure de France, 1896. Essai d’un érudit de la fin du XIXe siècle, dont certaines interprétations sont datées. ↑
- TLFi / CNRTL, article « coquillard », section étymologie, citant le procès des Coquillards d’après Sainéan (consulté le 2026-10-21). ↑
- Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, article « coquillard » (consulté le 2026-10-21). ↑
- Lazare Sainéan, Les Sources de l’argot ancien, t. 1, Paris, Champion, 1912 (texte numérisé sur Internet Archive, consulté le 2026-10-21). ↑
- Alexandra Velissariou, compte rendu de D. Delaplace, Le Jargon des Coquillars à Dijon au milieu du XVe siècle selon Marcel Schwob (1892), Perspectives médiévales, 34, 2012 (consulté le 2026-10-21). ↑
- TLFi / CNRTL, article « dupe », section étymologie, citant une pièce des Archives nationales (JJ 173) d’après Du Cange (consulté le 2026-10-21). ↑
- Encyclopædia Britannica, 11e éd., 1911, article « Villon, François » (Wikisource, consulté le 2026-10-21). ↑
- Le Jargon ou Jobelin de Maistre François Villon, éd. Jannet, Lemerre, 1876 (Wikisource, consulté le 2026-10-21). Graphie de cette édition ancienne. ↑
- Auguste Vitu, Le Jargon du XVe siècle, Paris, G. Charpentier, 1884, titre complet de l’ouvrage (notice Internet Archive, consultée le 2026-10-21). ↑
- « Hermès », « François Villon poète argotique », Mercure de France, t. 4, 1892, p. 347-350 (Wikisource, consulté le 2026-10-21). Article polémique signé d’un pseudonyme. ↑
