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Glossaire

Les termes techniques de la linguistique, expliqués en langage clair. Chaque notion est définie en une ou deux phrases, avec des renvois vers les termes liés.

A

Argot
Vocabulaire particulier à un groupe social, professionnel ou générationnel, souvent utilisé pour se distinguer ou exclure les non-initiés. Voir aussi : sociolecte, registre
Attestation
Première trace écrite connue d’un mot ou d’une expression dans un document datable. L’attestation fixe un terminus ante quem, mais le mot existait souvent à l’oral avant. Voir aussi : étymologie, diachronie

C

Calque
Traduction littérale d’une expression ou d’un mot composé étranger. « Gratte-ciel » est un calque de l’anglais skyscraper. Voir aussi : emprunt
Créole
Langue née du contact prolongé entre plusieurs langues, devenue langue maternelle d’une communauté. À ne pas confondre avec le pidgin, qui reste une langue d’appoint. Voir aussi : pidgin, substrat, superstrat

D

Déglutination
Phénomène par lequel un locuteur découpe autrement les frontières de mots et sépare un élément qu’il prend pour un article ou une préposition. L’arabe naranga a perdu son n- initial en italien (arancio) parce qu’il a été réanalysé comme un article. Voir aussi : étymologie populaire, emprunt
Diachronie
Étude d’une langue dans son évolution à travers le temps. S’oppose à la synchronie, qui décrit une langue à un moment donné. Voir aussi : synchronie, étymologie
Diphtongaison
Dédoublement d’une voyelle simple en une suite de deux timbres vocaliques (diphtongue). En gallo-roman, le e ouvert accentué de petra est devenu ie, donnant pierre. Voir aussi : lénition, langue romane

E

Emprunt
Mot ou expression adopté par une langue à partir d’une autre langue. L’emprunt peut être adapté phonétiquement et morphologiquement (« chouraver » du romani) ou rester proche de l’original (« parking » de l’anglais). Voir aussi : calque, substrat
Étymologie
Étude de l’origine et de l’histoire des mots : leur forme ancienne, la langue dont ils proviennent, les transformations phonétiques et sémantiques qu’ils ont subies. Voir aussi : diachronie, attestation
Étymologie populaire
Transformation d’un mot sous l’influence d’un rapprochement erroné avec un autre mot plus familier. Par exemple, « choucroute » vient de l’alsacien Sürkrüt, réinterprété par analogie avec « chou ». Voir aussi : étymologie

F

Famille de langues
Ensemble de langues descendant d’un ancêtre commun (proto-langue). Le français, l’espagnol et l’italien appartiennent à la famille des langues romanes, elles-mêmes issues du latin. Voir aussi : proto-langue, substrat

I

Isolat linguistique
Langue dont on n’a pas pu établir de parenté génétique avec d’autres langues. Le basque est l’isolat le plus connu d’Europe. Voir aussi : famille de langues

K

Koinè
Langue commune résultant du mélange ou de la simplification de plusieurs dialectes apparentés, utilisée comme véhicule de communication entre des locuteurs de variétés différentes. Du grec koinê dialektos (« dialecte commun »). Voir aussi : langue véhiculaire, langue vernaculaire

L

Langue d’oïl
Ensemble des parlers romans du nord de la Gaule, caractérisés par le mot oïl pour dire « oui » (du latin hoc ille). Le français standard est issu du dialecte francilien de la langue d’oïl. Voir aussi : langue romane, diachronie
Langue romane
Langue issue de l’évolution du latin parlé (latin vulgaire). Le français, l’espagnol, le portugais, l’italien, le roumain et l’occitan sont des langues romanes. Voir aussi : famille de langues, substrat
Langue véhiculaire
Langue utilisée pour la communication entre des groupes dont les langues maternelles sont différentes. Le français est langue véhiculaire dans plusieurs pays d’Afrique. Voir aussi : pidgin, créole
Langue vernaculaire
Langue parlée dans la vie quotidienne au sein d’une communauté, par opposition à une langue officielle, littéraire ou véhiculaire. Voir aussi : langue véhiculaire, sociolecte
Lénition
Affaiblissement progressif d’une consonne, le plus souvent entre deux voyelles. Du latin lenis (« doux »). En gallo-roman, le [p] de sapere est devenu [v] dans savir, puis savoir. Voir aussi : diphtongaison, langue romane

M

Morphème
Plus petite unité de sens d’une langue. Dans « refaire », on distingue deux morphèmes : le préfixe re- (répétition) et le radical faire. Voir aussi : phonème

N

Néologisme
Mot ou expression de création récente, ou sens nouveau donné à un mot existant. Les néologismes naissent par dérivation, composition, emprunt ou changement de sens. Voir aussi : emprunt, morphème

P

Paronymie
Relation entre deux mots de forme proche mais de sens différent (« pâmes » et « pommes », « collision » et « collusion »). La paronymie favorise les confusions et les substitutions dans l’usage courant. Voir aussi : étymologie populaire
Phonème
Plus petite unité sonore distinctive d’une langue. En français, /p/ et /b/ sont deux phonèmes distincts : « pas » et « bas » n’ont pas le même sens. Voir aussi : morphème
Pidgin
Langue simplifiée née du contact entre des groupes ne partageant pas de langue commune, utilisée comme moyen de communication d’appoint (commerce, travail). Un pidgin qui devient langue maternelle se transforme en créole. Voir aussi : créole
Proto-langue
Langue ancestrale hypothétique, reconstruite par la méthode comparative, dont descendent les langues d’une même famille. Le proto-indo-européen est l’ancêtre reconstitué du français, du hindi, du russe et de centaines d’autres langues. Voir aussi : famille de langues, diachronie

R

Registre
Niveau de langue adapté à la situation de communication. On distingue couramment les registres soutenu, courant et familier, mais la réalité est un continuum. Voir aussi : sociolecte, argot

S

Sociolecte
Variété de langue propre à un groupe social donné, défini par l’âge, la profession, la classe sociale ou le lieu. L’argot des cités est un sociolecte. Voir aussi : argot, registre
Substrat
Langue autochtone qui influence la langue venue la remplacer. Le gaulois est un substrat du français : il lui a légué quelques centaines de mots (« bouleau », « chemin », « bruyère »). Voir aussi : superstrat, emprunt
Superstrat
Langue d’un peuple dominant qui influence la langue locale sans la remplacer. Le francique (germanique) est un superstrat du français : il a laissé des mots comme « guerre », « blanc » ou « jardin ». Voir aussi : substrat, emprunt
Synchronie
Étude d’une langue à un moment donné de son histoire, sans tenir compte de son évolution. S’oppose à la diachronie. Voir aussi : diachronie

T

Toponymie
Étude de l’origine et du sens des noms de lieux. Paris, Lyon, Marseille : chaque nom raconte une histoire linguistique. Voir aussi : étymologie