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Langues du monde

Le basque, une langue sans parenté connue

Seul isolat linguistique vivant d’Europe, le basque se distingue par son ergativité, son système vigésimal et résiste à toute tentative de classification.

En bref
Seul isolat vivant d’Europe Aucune parenté génétique avec une autre langue n’a été établie par la méthode comparative ; seul le lien avec l’aquitain ancien fait consensus.
Ergativité et agglutination Le basque marque l’agent d’un verbe transitif par un cas distinct (ergatif en -k) et empile les suffixes grammaticaux sans modifier la racine.
Environ 806 000 locuteurs Revitalisation au sud (90,5 % des 10-14 ans bascophones dans la Communauté autonome), mais recul au nord (20,1 % de la population du Pays basque nord en 2021).

Introduction

Le basque -- euskara dans la langue elle-même -- est le seul isolat linguistique vivant d’Europe. Un isolat est une langue dont aucune parenté génétique avec une autre langue n’a pu être établie par les méthodes de la linguistique historique. Environ 806 000 personnes le parlent de part et d’autre des Pyrénées occidentales, réparties entre l’Espagne (environ 756 000) et la France (environ 51 000), selon la VIIe enquête sociolinguistique de 2021 (chiffres repris par plusieurs sources secondaires).

Ce statut d’isolat ne signifie pas que le basque est « mystérieux » ou qu’on « ne sait rien » de ses origines. Il signifie qu’aucune des nombreuses tentatives de rapprochement avec d’autres langues n’a satisfait aux exigences de la méthode comparative, l’outil central de la linguistique historique. Le basque est en revanche une langue bien décrite, dont on peut retracer l’histoire interne sur deux millénaires grâce aux inscriptions aquitaines, à la reconstruction du proto-basque et, depuis 2022, à la main d’Irulegi.

Cet article décrit d’abord ce qui rend le basque structurellement singulier, puis retrace ses plus anciennes attestations, examine la question de l’isolement linguistique, présente ses dialectes et leur unification, et dresse enfin le tableau de sa situation sociolinguistique actuelle.

Ce qui rend le basque unique

L’ergativité : un autre regard sur la phrase

La plupart des langues européennes, dont le français, fonctionnent selon un alignement dit nominatif-accusatif. Le sujet de la phrase porte la même marque grammaticale, qu’il agisse (« la fille voit le garçon ») ou non (« la fille arrive »). C’est le complément d’objet qui reçoit une marque différente.

Le basque fonctionne autrement. Son alignement est dit ergatif-absolutif. Le sujet d’un verbe intransitif (sans objet) et l’objet d’un verbe transitif portent le même cas, appelé absolutif (marqué par un suffixe zéro). En revanche, l’agent d’un verbe transitif -- celui qui fait l’action sur quelque chose -- reçoit un cas distinct, l’ergatif, marqué par le suffixe -k.

Phrase Français Basque Cas du nom
La fille arrive. sujet = « la fille » Neska etorri da. (neska = absolutif) absolutif (suffixe zéro)
La fille voit le garçon. sujet = « la fille », objet = « le garçon » Neskak mutila ikusi du. (neska-k = ergatif, mutil-a = absolutif) agent à l’ergatif (-k), objet à l’absolutif

En français, « la fille » garde la même forme dans les deux phrases. En basque, « neska » (fille) reçoit le suffixe -k uniquement quand elle agit sur un objet. C’est l’objet du verbe transitif qui partage sa forme avec le sujet de l’intransitif, et non l’inverse. Ce système est rare en Europe, mais courant dans d’autres familles linguistiques (certaines langues caucasiennes, australiennes, amérindiennes).

Agglutination et cas

Le basque est une langue agglutinante : les informations grammaticales s’ajoutent au mot sous forme de suffixes empilés les uns après les autres, sans que la racine change. Le système casuel est riche -- de 11 à 16 cas selon les analyses. Là où le français recourt à des prépositions (« dans la maison », « vers la maison »), le basque ajoute un suffixe au nom (etxean « dans la maison », etxerantz « vers la maison »). Il n’y a pas de genre grammatical.

Un verbe qui s’accorde avec tout le monde

Le verbe conjugué basque s’accorde simultanément avec le sujet, l’objet direct et l’objet indirect. Les linguistes parlent d'accord polypersonnel. Le verbe izan (être) possède, selon l’Université Laval, 175 formes différentes -- un chiffre qui donne la mesure de la complexité verbale.

Plus remarquable encore, le basque possède un accord allocutif dans le registre familier appelé hika. Dans ce registre, la forme verbale marque le genre de la personne à qui l’on s’adresse (suffixe -k pour un homme, -n pour une femme), même lorsque cet interlocuteur n’est ni sujet, ni objet, ni bénéficiaire de l’action. Ce trait est rarissime parmi les langues du monde. Le hika est une forme de tutoiement intime ; le basque possède ainsi sa propre façon de distinguer registre familier et registre respectueux, indépendante du système T/V hérité du latin qui structure le français et la plupart des langues romanes.

Compter par vingt

Le basque compte en base vingt (système vigésimal). Le nombre 20 se dit hogei, 40 est berrogei (littéralement 2 x 20), 60 est hirurogei (3 x 20). Ainsi, 35 s’exprime hogeita hamabost (20 + 15) et 50 se dit berrogeita hamar (2 x 20 + 10).

Nombre Basque Décomposition
10 hamar --
20 hogei --
35 hogeita hamabost 20 + 15
40 berrogei 2 x 20
50 berrogeita hamar 2 x 20 + 10
60 hirurogei 3 x 20

Ce système rappelle les traces de numération vigésimale en français (quatre-vingts, soixante-dix), en breton et en d’autres langues européennes. Selon une théorie étymologique rapportée par la fondation Labayru, les nombres de base seraient liés aux mots pour « doigt » (erhi) et « paume » (ahur), ce qui suggère un comptage sur les doigts et les orteils.

Un vocabulaire largement emprunté

Malgré son isolement génétique, le basque n’a jamais été isolé de ses voisins. Environ 75 % de son vocabulaire serait emprunté aux langues de contact (latin, gascon, espagnol, français), selon l’Université Laval. Ce chiffre, s’il est exact, illustre un point important : l’isolement linguistique n’est pas un isolement culturel. Le basque a absorbé le lexique de ses voisins tout en conservant sa grammaire propre -- à l’opposé du processus décrit dans Du latin au français, où c’est la grammaire elle-même qui s’est transformée au fil des siècles.

Les plus anciennes traces

Les inscriptions aquitaines (Ier-IIIe siècle)

Les premiers témoignages du basque ancien ne sont pas écrits en basque. Ce sont des noms propres -- plus de 200 anthroponymes et environ 60 théonymes -- inscrits dans des textes latins (inscriptions votives et funéraires) du piémont nord-pyrénéen, datés du Ier au IIIe siècle de notre ère. Ces noms appartiennent à la langue dite aquitaine.

Luis Michelena a posé en 1954 les bases de l’analyse linguistique de ces noms en relation avec le basque. Joaquín Gorrochategui, dans sa thèse de 1984, a systématisé le corpus. Les correspondances entre aquitain et basque moderne sont aujourd’hui largement reconnues.

Aquitain Basque moderne Sens
andere andre femme, dame
umme ume enfant
sahar zahar vieux
atta aita père
sembe seme fils

La majorité des chercheurs considèrent l’aquitain comme génétiquement apparenté au basque. Un débat subsiste cependant : l’aquitain est-il l’ancêtre direct du basque, ou une langue soeur, issue du même ancêtre commun ? La question reste ouverte.

La main d’Irulegi (Ier siècle av. J.-C.)

En juin 2021, une plaque de bronze en forme de main (143,1 x 127,9 mm, 35,9 g) a été découverte lors de fouilles dirigées par Mattin Aiestaran à Aranguren, en Navarre, dans un site de l’Âge du fer. L’inscription a été identifiée le 18 janvier 2022 par la restauratrice Carmen Usua, lors du nettoyage de l’objet. La Société des sciences Aranzadi en a fait l’annonce publique le 14 novembre 2022.

La plaque porte 40 caractères en écriture ibérique nord-orientale, répartis en cinq groupes de lettres. La datation la situe entre 80 et 72 av. J.-C. Le premier mot, sorioneku, a été rapproché du basque moderne zorioneko (« de bonne fortune »), composé de zori (fortune) et (h)on (bon). Un autre mot, eŕaukon, est rapproché de l’auxiliaire basque zeraukon. L’essentiel du texte reste cependant non déchiffré.

Si l’identification se confirme, cette inscription serait le plus ancien texte en langue vascone connu, antérieur de plusieurs siècles aux inscriptions aquitaines. La langue de l’inscription est identifiée comme n’étant « ni ibère ni celtibère », ce qui constituerait une troisième langue pré-romane de la péninsule Ibérique. Le fait que les Vascones aient utilisé l’écriture ibérique pour noter leur propre langue remet en question l’idée, longtemps admise, qu’ils ne pratiquaient pas l’écriture dans l’Antiquité.

Il faut noter que le débat scientifique est encore en cours. Les fouilleurs ont documenté rigoureusement le contexte archéologique, tirant les leçons de l’affaire d’Iruña-Veleia, où des inscriptions présentées en 2006 comme du basque ancien avaient été déclarées falsifications modernes par une commission d’experts.

Le premier livre imprimé (1545)

Le premier ouvrage imprimé en basque est Linguae Vasconum Primitiae, un recueil de poésies en dialecte bas-navarrais composé par Bernard Dechepare (Bernat Etxepare), prêtre de Saint-Michel-le-Vieux, et publié en 1545 à Bordeaux. Un seul exemplaire en est conservé, à la Bibliothèque nationale de France. L’Institut culturel basque qualifie cette publication de « date essentielle dans l’histoire de l’écrit basque ».

Un isolat : qu’est-ce que cela signifie ?

La méthode comparative et ses exigences

Classer une langue comme isolat n’est pas un aveu d’ignorance. C’est un constat méthodologique. Pour établir qu’une langue A et une langue B ont un ancêtre commun, les linguistes utilisent la méthode comparative : ils cherchent des correspondances phonétiques régulières entre les deux langues, c’est-à-dire des paires de mots dont les différences obéissent à des règles systématiques (par exemple, le p de la langue A correspond toujours au f de la langue B dans la même position). Des ressemblances isolées ne suffisent pas : elles peuvent résulter du hasard, de l’emprunt ou de tendances universelles.

Le basque est classé comme isolat par Glottolog (code basq1248), la base de données de référence en classification linguistique. Aucune tentative de rapprochement n’a produit les correspondances régulières requises.

Panorama des hypothèses

Depuis le XVIe siècle, de nombreux chercheurs ont tenté de rattacher le basque à d’autres langues ou familles. Aucune de ces hypothèses n’est acceptée par la communauté scientifique.

L’hypothèse ibérique (vasco-ibérisme). Proposée dès le XVIe siècle et défendue par Humboldt en 1821, elle repose sur la proximité géographique entre Basques et Ibères et sur des ressemblances graphiques dans les inscriptions. Beñat Oyharçabal (2003) la juge « insuffisamment crédible ». Aucune correspondance phonétique régulière n’a été démontrée.

L’hypothèse caucasienne et dené-caucasienne. Au XXe siècle, plusieurs linguistes (Trombetti, Lafon, Bouda) ont rapproché le basque des langues du Caucase. John Bengtson (années 1990) a proposé un phylum macro-caucasien intégrant le basque, les langues nord-caucasiennes et le burushaski. Ces rapprochements reposent sur des ressemblances typologiques -- comme le fait que le basque et certaines langues caucasiennes partagent l’ergativité et l’agglutination -- mais les ressemblances typologiques ne prouvent pas une parenté génétique. Aucune correspondance phonétique régulière n’a été établie.

L’hypothèse vasconique (Vennemann, 2003). Le linguiste allemand Theo Vennemann a proposé dans Europa Vasconica -- Europa Semitica que le basque serait le dernier survivant d’une famille « vasconique » jadis étendue sur toute l’Europe occidentale. Ses arguments reposent sur l’hydronymie européenne (par exemple Aran, rapproché du basque haran, « vallée ») et sur la présence de systèmes vigésimaux dans d’autres langues (celtique, danois, français). Cette hypothèse est largement rejetée par les linguistes historiques. Kitson et Baldi ont contesté les étymologies comme forcées ; Bichlmeier a noté que Vennemann compare le basque moderne au lieu du proto-basque reconstruit, ce qui invalide la démarche ; Reichardt a critiqué la segmentation arbitraire des toponymes.

L’hypothèse indo-européenne. Eñaut Etxamendi (2007) et Robert Elissondo (2017) ont proposé que le basque serait la plus ancienne langue indo-européenne survivante. Cette hypothèse a été réfutée par Gorrochategui et Lakarra (2013, Journal of Indo-European Studies) et par Zuloaga et Ariztimuño (2019) : là encore, pas de correspondances phonétiques régulières.

Autres rapprochements. Le basque a été comparé au berbère (sur la base d’une anecdote antique concernant Hannibal), au japonais (ressemblances typologiques perçues), au dogon (Martín Martín, 2013) et au paléo-sarde (Blasco Ferrer). Aucun de ces rapprochements n’a produit les correspondances systématiques requises par la méthode comparative.

Ce qui fait consensus

Le seul rapprochement qui recueille un large accord est celui avec l’aquitain ancien. Les correspondances onomastiques compilées par Michelena et Gorrochategui sont reconnues comme solides. Au-delà de ce lien, le basque reste, en l’état des connaissances, sans parenté démontrée.

Les dialectes et la standardisation

De Bonaparte à Zuazo

En 1863, le prince Louis Lucien Bonaparte a publié une Carte des Sept Provinces Basques distinguant huit dialectes : bizkaiera, gipuzkera, haut-navarrais septentrional, haut-navarrais méridional, labourdin, bas-navarrais occidental, bas-navarrais oriental et souletin. Cette classification, fondée sur des différences morphologiques fines, n’a pas été révisée pendant plus d’un siècle.

En 1998, puis en 2008, le linguiste Koldo Zuazo a proposé une classification réduite à cinq dialectes : occidental (biscayen), central (guipuzcoan), navarrais, navarro-labourdin et souletin. Son approche repose sur les isoglosses (lignes séparant les zones où un même trait linguistique diffère) et les centres urbains. Les dialectes les plus divergents sont le biscayen et le souletin ; la communication entre eux est difficile. Deux variétés ont par ailleurs disparu : le roncalais, éteint en 1991 avec sa dernière locutrice, et l’alavais.

L’euskara batua : unifier sans effacer

En 1968, au congrès d’Arantzazu (au sanctuaire du même nom), l’Académie de la langue basque (Euskaltzaindia, fondée en 1919 à Bilbao) a lancé la création d’une norme écrite unifiée : l'euskara batua (« basque unifié »). Le linguiste Koldo Mitxelena (1915-1987) en a été l’un des principaux artisans. Mitxelena est aussi l’auteur de Fonética histórica vasca (1961), ouvrage fondateur de la reconstruction du proto-basque.

La norme a été construite sur le guipuzcoan et la tradition littéraire labourdine. Zuazo en donne quatre raisons : la position centrale et intercompréhensible de ces variétés, leur poids démographique, leur prestige littéraire depuis le XVIIIe siècle, et la structure multipolaire du Gipuzkoa, favorable à la diffusion. La conjugaison a été standardisée en 1973, et l’adoption progressive s’est faite entre 1976 et 1983.

Aujourd’hui, l’euskara batua est la variété la plus utilisée dans l’enseignement, les médias et l’administration. Les dialectes traditionnels subsistent dans les situations informelles.

Le basque aujourd’hui

Un contraste saisissant entre nord et sud

La situation sociolinguistique du basque présente un contraste marqué entre l’Espagne et la France. Au sud, la revitalisation est spectaculaire. Au nord, le déclin se poursuit, malgré des signaux encourageants chez les jeunes.

Dans la Communauté autonome basque (Espagne), le basque est co-officiel depuis le Statut d’autonomie de 1979. En 2021, 936 812 personnes y sont bascophones (43,3 % de la population), et 62,4 % ont au moins une connaissance de la langue. Le chiffre le plus frappant concerne les jeunes : 90,5 % des 10-14 ans sont bascophones, contre 22,1 % des personnes de 70 ans et plus. Cette inversion générationnelle est le fruit de décennies de politique linguistique volontariste.

En France, le basque est une langue régionale reconnue dans les Pyrénées-Atlantiques, mais sans statut officiel. En 2021, 51 500 personnes de 16 ans et plus le parlaient au Pays basque nord (20,1 % de la population). Dans les zones intérieures (Soule, Basse-Navarre), la proportion est passée de 60,9 % en 2001 à 47,5 % en 2021. Cependant, la proportion de bascophones chez les 16-24 ans est passée de 12,2 % en 2001 à 21,5 % en 2021, signe que les efforts d’enseignement portent leurs fruits. Un paradoxe demeure : l’usage actif recule même chez ceux qui connaissent la langue (10 % parlaient le basque autant ou plus que le français en 2001, contre 7 % en 2021).

Les données historiques montrent l’ampleur du recul au nord sur un siècle et demi : 80 000 locuteurs en 1868 (48 % de la population locale), 77 848 en 1970 (36 %), 51 200 en 2016 (20,5 %). Les projections de l’Institut culturel basque estiment le nombre de locuteurs à 94 000 en 2050 (30 %), avec 55 % chez les jeunes.

Les ikastolak, instrument de la revitalisation

Les ikastolak (pluriel d'ikastola) sont des écoles où l’enseignement se fait en basque par immersion. La première a été fondée en 1914 par Miguel de Muñoa à Donostia (Saint-Sébastien). Après la guerre civile espagnole (1936), l’enseignement en basque a été interdit. En 1943, Elvira Zipitria a rouvert clandestinement une ikastola à Donostia, dans une maison privée. Aujourd’hui, des dizaines de milliers d’enfants fréquentent les ikastolak des deux côtés de la frontière.

En Espagne, la croissance du nombre de locuteurs est visible à l’échelle municipale. Entre 2001 et 2021, Bilbao a gagné 47 503 bascophones (pour un total de 98 805), Vitoria-Gasteiz en a gagné 38 236 (total de 68 537). À l’inverse, dans les zones rurales déjà très bascophones, le taux de connaissance plafonne à des niveaux élevés : 93,6 % à Orexa, 93,0 % à Errezil.

Bibliographie

  • Allières, Jacques. Les Basques. Paris : PUF, coll. « Que sais-je ? », 1997.
  • Gorrochategui, Joaquín. Onomástica indígena de Aquitania. Thèse doctorale, 1984.
  • Gorrochategui, Joaquín ; Lakarra, Joseba A. « Why Basque Cannot Be, Unfortunately, an Indo-European Language. » Journal of Indo-European Studies, 41 (1/2), 2013, p. 203-237.
  • Mitxelena, Koldo. Fonética Histórica Vasca. Universidad del País Vasco, 1961.
  • Trask, R. L. The History of Basque. London : Routledge, 1997.
  • Vennemann, Theo. Europa Vasconica -- Europa Semitica. Berlin : Mouton de Gruyter, 2003.
  • Zuazo, Koldo. Euskalkiak. Donostia, 2008.
  • Zuloaga, Eneko ; Ariztimuño, Borja. « L’origine de l’euskara. » La Recherche, 2019.
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