Personne ne décide seul, et la réponse change d’un pays à l’autre. En France, l’idée d’un « bon usage » s’est construite au XVIIe siècle autour de la Cour, et l’État légifère aujourd’hui sur l’emploi du français. Dans le monde anglophone, aucune académie n’a été créée : la norme est passée par des dictionnaires d’auteurs. Dans l’espace germanophone, des États s’accordent sur l’orthographe, qui s’impose à l’école et à l’administration. Au Québec, un office public définit sa propre norme de référence. Dans tous ces cas, la forme « correcte » d’une langue n’est pas une propriété de la langue elle-même. C’est un choix fait par des personnes, dans une société donnée.
Cet article définit d’abord ce qu’on appelle une norme. Il compare ensuite quatre manières de la fixer. Il se termine sur ce que la norme fait à ceux qui parlent : l’insécurité linguistique.
Décrire ou prescrire ?
Le mot norme a deux sens en linguistique. Les confondre est la source de bien des malentendus.
La norme descriptive désigne ce qui est habituel dans une communauté. Elle constate ce que les locuteurs disent réellement. C’est le point de vue du linguiste, qui observe sans juger.
La norme prescriptive désigne ce qu’il « faut » dire selon une autorité. Elle sépare les formes jugées correctes des formes jugées fautives. C’est le point de vue des grammaires d’usage, des manuels scolaires, des chroniques de langage.
Entre les deux se trouve la langue standard. On appelle ainsi la variété d’une langue choisie comme référence commune : celle de l’écrit, de l’enseignement, de l’administration. Elle est décrite dans des grammaires et des dictionnaires. Elle n’est pas plus « logique » que les autres variétés. Elle est simplement celle qui a été retenue.
La question « qui décide ? » porte donc sur la norme prescriptive. Elle revient à demander qui a le pouvoir de choisir le standard, et de le faire respecter.
Tous les domaines de la langue ne sont pas réglés avec la même précision. En 1987, la linguiste Anne Abeillé observait, à propos des premiers correcteurs de traitement de texte, que l’orthographe était « le seul domaine où une norme soit acquise ». Corriger la grammaire ou le sens demandait des connaissances bien plus vastes[1]. Plusieurs des épisodes qui suivent concernent d’ailleurs l’orthographe.
France : le « bon usage » et la loi
Vaugelas et la « plus saine partie de la Cour »
En 1647, Claude Favre de Vaugelas, membre de l’Académie française, publie ses Remarques sur la langue française[2]. L’ouvrage est un recueil de courtes remarques, sans ordre particulier. Chacune tranche un point d’usage douteux[2].
Le livre ne s’adresse pas aux étrangers. Il vise des locuteurs natifs qui veulent perfectionner leur français. L’Université de Cambridge le décrit comme une sorte de manuel de civilité linguistique[2]. Il devient rapidement un succès de librairie, et son influence est grande, jusque chez Corneille et Racine[2].
Le cœur de l’ouvrage est une définition. Le bon usage, écrit Vaugelas, est « composé de l’élite des voix ». « C’est la façon de parler de la plus saine partie de la Cour »[3].
Cette phrase dit beaucoup. La référence n’est ni la logique, ni l’étymologie, ni le peuple. C’est un groupe social précis, choisi pour son prestige. La notice de l’Encyclopædia Universalis juge d’ailleurs les Remarques « œuvre d’honnête homme plutôt que de savant »[3]. Plusieurs articles de cette encyclopédie montrent Vaugelas à l’œuvre : sur l’accord du participe passé, sur la féminisation des noms de métiers, sur le genre des noms ou sur septante et nonante.
Le pouvoir réel de l’Académie française, dont Vaugelas était membre, est examiné dans un article distinct : L’Académie française a-t-elle du pouvoir sur la langue ?
Les rectifications de 1990 : une recommandation
Les rectifications de l’orthographe ont été proposées par le Conseil supérieur de la langue française. Selon la présentation du Dictionnaire de l’Académie française, elles ont été approuvées par l’Académie, puis publiées en décembre 1990 dans les « Documents administratifs » du Journal officiel[4].
Elles touchent environ 3 000 mots, sur les quelque 55 000 entrées du Dictionnaire[4]. Quelques exemples :
- je cèderai au lieu de je céderai ;
- un ravioli, des raviolis, avec un pluriel régulier ;
- révolver, avec un accent ;
- l’accent circonflexe devenu facultatif sur i et u, sauf exceptions ;
- des traits d’union dans tous les numéraux composés : vingt-et-un[4].
Le point décisif est leur statut. L’Académie parle de « la voie prudente de la recommandation »[4]. Selon l’Office québécois de la langue française, l’Académie déclarait en 1991 que les anciennes graphies demeuraient admises et qu’on ne pouvait rejeter les nouvelles[5]. Même en France, réputée pour sa tradition de réglementation, une réforme de l’orthographe ne s’est donc pas imposée par contrainte. Les raisons de la complexité de cette orthographe sont détaillées dans l’article Pourquoi l’orthographe française est-elle si compliquée ?
La loi Toubon : quelle langue, pas quel français
La loi n° 94-665 du 4 août 1994, dite loi Toubon, s’ouvre sur une déclaration de principe. « Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France »[6].
Son article 2 rend « l’emploi de la langue française » obligatoire dans plusieurs situations : la désignation d’un produit, son offre, son mode d’emploi, par exemple[6]. La loi dit donc quand il faut employer le français. Elle ne dit pas quel français est correct.
La loi touche au vocabulaire par une autre voie. Deux de ses articles (5 et 14) renvoient aux termes français « approuvés » par le dispositif d’enrichissement de la langue[6]. Ce dispositif, et ses limites, sont décrits dans l’article sur l’Académie française.
Angleterre et États-Unis : une norme sans académie
Un projet d’académie qui n’aboutit pas
En Angleterre aussi, une partie des élites souhaitait une langue standardisée. Selon la bibliothèque de l’Université de Glasgow, ce désir grandit pendant près d’un siècle avant Johnson. En 1664, la Royal Society crée même un comité « pour améliorer la langue anglaise »[7]. Mais aucune académie de la langue n’en sort.
Johnson renonce à « fixer » la langue
Samuel Johnson publie un plan de son dictionnaire en 1747[7]. Le Dictionary of the English Language paraît en 1755. Il a fallu neuf ans à Johnson et à sa petite équipe pour le composer. Il compte plus de 40 000 définitions et près de 114 000 citations d’auteurs[7].
Dans sa préface, Johnson raconte ce qu’on attendait de lui. Ceux qui approuvaient son projet voulaient qu’il « fixe notre langue » et qu’il mette fin aux changements apportés par « le temps et le hasard »[8]. Il y renonce. Les académies, observe-t-il, ont été créées pour garder les avenues des langues et repousser les intrus, mais leur vigilance a été vaine[8]. Il écrit encore :
Les sons sont trop volatils et trop subtils pour des contraintes légales ; enchaîner les syllabes et fouetter le vent sont des entreprises également dictées par l’orgueil.
Johnson va plus loin. Il espère que « l’esprit de la liberté anglaise » empêchera ou détruira toute académie qui serait fondée pour « cultiver notre style »[8]. Dans la même préface, il écrit que « les mots sont les filles de la terre, et les choses sont les fils du ciel »[8].
Johnson n’est donc ni un pur législateur ni un simple observateur. Il signe un dictionnaire monumental, mais il refuse l’idée même d’un pouvoir officiel sur la langue.
Webster et l’orthographe américaine
Aux États-Unis, Noah Webster publie un premier dictionnaire en 1806. Il se lance aussitôt dans un ouvrage plus ambitieux : An American Dictionary of the English Language, publié le 14 avril 1828[9].
Ce dictionnaire retient des graphies devenues typiques de l’anglais américain. Colour, harbour et neighbour y deviennent color, harbor et neighbor. Waggon et centre deviennent wagon et center[9]. Selon l’Université de Virginie, ce choix exprime une conviction : les anglophones d’Amérique avaient leurs propres idées sur l’évolution de leur langue[9]. La norme orthographique sert ici à affirmer une nation.
Le modèle anglophone n’est pas pour autant « sans norme ». On peut plutôt dire que la norme y est portée par des acteurs non étatiques : des auteurs de dictionnaires, puis les éditeurs et les lecteurs qui les adoptent. C’est une analyse, pas un fait juridique : aucun texte ne leur confie ce rôle.
Espace germanophone : une orthographe négociée entre États
Konrad Duden, de 1876 à 1901
Au XIXe siècle, l’orthographe allemande n’est pas unifiée. Konrad Duden participe à la conférence orthographique de 1876. Il y défend la tendance « modérément phonétique », résumée par la formule Schreibe, wie du sprichst, « écris comme tu parles »[10].
En 1880, il publie le Vollständiges Orthographisches Wörterbuch der deutschen Sprache, « dictionnaire orthographique complet de la langue allemande »[11]. Avec environ 27 000 entrées, il peut servir aussi en dehors de l’école[10].
En 1901 se tient à Berlin la IIe conférence orthographique[11]. La réforme qui en sort vaut pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse[12]. Les ministres allemands de l’Éducation s’accordent sur une orthographe unifiée, officielle à partir de janvier 1903[10]. La 7e édition du Duden, en 1902, applique la nouvelle orthographe[12]. Dès lors, l’ouvrage devient de fait le dictionnaire de référence de l’orthographe allemande[10]. L’éditeur présente Konrad Duden comme le « père » de cette orthographe[10].
Le mot employé par l’éditeur lui-même, faktisch, « de fait », compte. L’autorité du dictionnaire repose sur les règles adoptées par les États, qu’il met en œuvre.
La réforme de 1996-1998
Un siècle plus tard, une nouvelle réforme suit la même logique. La Conférence des ministres de l’Éducation des Länder (KMK) adopte la nouvelle réglementation en décembre 1995. Elle est confirmée avec les partenaires des autres pays par la déclaration d’intention de Vienne, en juillet 1996. Elle entre en vigueur le 1er août 1998, avec une période de transition jusqu’au 31 juillet 2005[13]. Le Duden de 1996, surnommé « Reformduden », est le premier à l’appliquer de façon systématique[11].
Le Conseil pour l’orthographe allemande
Le Conseil pour l’orthographe allemande (Rat für deutsche Rechtschreibung) tient sa séance constitutive le 17 décembre 2004, à Mannheim. Il doit alors compter 18 membres venus d’Allemagne, 9 d’Autriche et 9 de Suisse[14]. Sa mission : préserver l’unité de l’orthographe dans l’espace germanophone, observer l’usage et faire évoluer les règles[14].
Le Conseil est aujourd’hui porté par six États ou régions : l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la province autonome de Bolzano-Haut-Adige, la Communauté germanophone de Belgique et le Liechtenstein. Le Luxembourg y a une voix consultative[15].
Ses pouvoirs sont limités. Ses propositions ne deviennent obligatoires pour l’école et l’administration qu’après une décision des autorités publiques[15]. Les autres écrits ne sont pas visés par cette force obligatoire. Le modèle allemand est donc interétatique et administratif : la norme s’impose à ceux qui enseignent et à ceux qui gouvernent.
Québec : une norme de référence propre
Une même langue peut avoir plusieurs centres de norme. Le Québec en donne un exemple.
L’Office québécois de la langue française (OQLF) tient son mandat de la Charte de la langue française. Il « définit et conduit la politique québécoise en matière d’officialisation linguistique, de terminologie […] »[16]. Sa politique éditoriale décrit la norme qu’il retient : un français standard fait d’usages « contemporains », qui « appartiennent à un niveau de langue neutre ou soutenu » et qui sont « conformes au mode de formation des mots du français et à sa syntaxe »[16]. Ces usages peuvent être partagés par toute la francophonie ou propres au Québec[16].
Cette norme n’est donc pas calquée sur l’usage d’un seul pays. Elle admet des usages propres au Québec, du moment qu’ils répondent à ces critères. L’OQLF dit aussi vouloir orienter le français « en tant que langue de communication internationale adaptée au monde contemporain »[16]. Il a par exemple ses propres recommandations sur la rédaction épicène, présentées dans l’article sur l’écriture inclusive. Sur un point de grammaire, la concordance des temps, sa position est comparée à celle de l’Académie française dans l’article Le subjonctif imparfait est-il en train de mourir ?.
Quatre modèles côte à côte
| France | Angleterre et États-Unis | Espace germanophone | Québec | |
|---|---|---|---|---|
| Qui fixe la norme ? | Tradition savante (Vaugelas, Académie), État pour l’emploi de la langue | Auteurs de dictionnaires (Johnson, Webster) | Accord entre États, Conseil pour l’orthographe allemande | Office public (OQLF) |
| Ouvrage ou texte de référence | Remarques (1647), rectifications (1990), loi Toubon (1994) | Dictionnaires de 1755 et 1828 | Duden (1880, 1902), réforme (1996-1998) | Norme de référence de l’OQLF |
| Portée juridique | La loi impose l’emploi du français, pas sa forme ; rectifications recommandées | Aucune académie ni autorité officielle | Obligatoire à l’école et dans l’administration, après décision publique | Mandat légal (Charte de la langue française) |
| Place de l’usage | Usage d’un groupe de prestige (« la plus saine partie de la Cour ») | Johnson renonce à « fixer » la langue | Le Conseil observe l’usage | Usages contemporains, communs ou propres au Québec |
Le prix de la norme : l’insécurité linguistique
Toute norme crée un écart entre ce qu’on dit et ce qu’on « devrait » dire. Cet écart a des effets sur les personnes.
La notion d’insécurité linguistique a été élaborée aux États-Unis par le linguiste William Labov dans les années 1960, notamment dans The Social Stratification of English in New York City (1966). Elle a ensuite été reprise par de nombreux sociolinguistes[17]. Une définition récente, due au linguiste Wim Remysen (2018), la présente comme un « sentiment de dépréciation et d’incertitude que certains locuteurs éprouvent à l’endroit de leurs propres pratiques langagières, notamment parce que celles-ci sont considérées comme en porte-à-faux avec la norme »[17].
Le linguiste Michel Francard en a proposé en 1993 une définition qui met le pouvoir au premier plan. L’insécurité linguistique est pour lui la prise de conscience, par les locuteurs, d’une distance entre leur propre façon de parler et une langue « qu’ils reconnaissent comme légitime parce qu’elle est celle de la classe dominante »[18]. En 1997, il la décrit comme la « manifestation d’une quête de légitimité linguistique, vécue par un groupe social dominé »[18].
Cette insécurité ne reste pas intérieure. Elle peut se voir dans la façon de parler. L’hypercorrection compte parmi ses manifestations[18]. On désigne ainsi le fait d’appliquer, par crainte de la faute, une règle là où elle ne s’applique pas. La notion sert aujourd’hui à étudier des situations très variées, des enseignants de français langue étrangère[17] aux locuteurs en situation minoritaire en Algérie[18].
On retrouve ici la définition de Vaugelas. Si le bon usage est celui d’un groupe de prestige, tous les autres sont, par définition, à distance de la norme. Les discriminations qui peuvent en découler, notamment à l’égard des accents, sont traitées dans l’article sur la glottophobie.
Une décision, pas une évidence
Comparer ces modèles fait apparaître un point commun. Partout, la forme « correcte » d’une langue résulte d’un choix : celui d’un groupe social au XVIIe siècle en France, celui d’auteurs de dictionnaires en Angleterre et aux États-Unis, celui de ministres réunis en conférence dans l’espace germanophone, celui d’un office public au Québec.
Ces choix diffèrent aussi par leur force. Aucun des textes présentés ici n’impose à un particulier une orthographe donnée. La loi Toubon impose une langue, pas une forme de cette langue. Les rectifications de 1990 sont une recommandation. Les règles allemandes lient l’école et l’administration. Johnson, lui, jugeait vaine toute tentative d’« enchaîner les syllabes ».
Savoir qui décide ne rend pas la norme inutile. Une référence commune facilite l’écrit, l’enseignement, la communication à distance. Mais cela rappelle qu’une façon de parler éloignée du standard n’est pas une langue fautive. C’est une autre variété, que d’autres choix auraient pu placer au centre.
Bibliographie
- Abeillé, Anne. « Les traitements de texte à correcteurs incorporés ». LINX, 17, 1987.
- Académie française. « Les rectifications de l’orthographe ». Annexe du Dictionnaire de l’Académie française.
- Basler, Otto. « Duden, Konrad Alexander ». Neue Deutsche Biographie, 4, 1959, p. 153-154.
- Bessai, Bachir. « Insécurité linguistique en contexte minoritaire algérien ». Multilinguales, 11, 2019.
- Borch, Fred. « Noah Webster Changed American English Forever ». UVA Engagement, University of Virginia, 14 avril 2026.
- Braudeau, Michel. « Vaugelas Claude Favre seigneur de (1585-1650) ». Encyclopædia Universalis.
- Duden. « Konrad Duden ». Site de l’éditeur.
- Duden. « Auflagen des Dudens (1880–2024) ». Site de l’éditeur.
- Johnson, Samuel. Preface to a Dictionary of the English Language, 1755. Project Gutenberg, n° 5430.
- Kultusministerkonferenz (KMK). « Neuregelung der deutschen Rechtschreibung ab 01. August wirksam ». Communiqué du 31 juillet 1998.
- Kultusministerkonferenz (KMK). « Rat für deutsche Rechtschreibung konstituiert sich am 17. Dezember 2004 ». Communiqué.
- Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française. Texte reproduit sur marche-public.fr.
- Office québécois de la langue française. « Questions fréquentes sur les rectifications de l’orthographe ». Vitrine linguistique.
- Office québécois de la langue française. « Politique éditoriale ». Vitrine linguistique.
- Paternostro, Roberto. « L’insécurité linguistique, une caractéristique (socio)professionnelle de l’enseignant de FLE/S ? Regards francophones ». Recherches en didactique des langues et des cultures, 23-1, 2025.
- Rat für deutsche Rechtschreibung. « Josef Lange als Vorsitzender des Rats für deutsche Rechtschreibung einstimmig wiedergewählt ». Communiqué.
- University of Cambridge. « Le bon usage: using French correctly ». Research News, 1er janvier 2010.
- University of Glasgow Library, Special Collections. « Book of the Month, April 2007 : Johnson’s Dictionary ».
Notes et références
- Anne Abeillé, « Les traitements de texte à correcteurs incorporés », LINX, 1987 : une correction complète supposerait « l’intégration de connaissances lexicales et syntaxiques mais aussi sémantiques et pragmatiques ». ↑
- University of Cambridge, « Le bon usage: using French correctly », 2010 : « a collection of short, randomly ordered remarks and observations intended to resolve points of doubtful usage » ; « a kind of linguistic courtesy book » ; « intended not for foreigners but for competent native speakers who wish to perfect their usage of French » ; « quickly became a bestseller and was highly influential ». Sur Corneille et Racine, la même page écrit : « in 1660 the great playwright Pierre Corneille reworked the language of his plays to take account of Vaugelas’s judgements and […] Jean Racine, author of some of France’s finest tragedies, is said to have taken a copy of the work with him to the south of France so as not to become 'contaminated' by regional speech » (pour Racine, « is said to » signale une tradition rapportée). ↑
- Michel Braudeau, « Vaugelas Claude Favre seigneur de (1585-1650) », Encyclopædia Universalis. Seule la première partie de la définition du bon usage par Vaugelas est citée ici. ↑
- Académie française, « Les rectifications de l’orthographe », annexe du Dictionnaire de l’Académie française : proposition du Conseil supérieur de la langue française, publication en décembre 1990 dans les « Documents administratifs » du Journal officiel, environ 3 000 mots touchés sur 55 000 entrées. ↑
- Office québécois de la langue française, « Questions fréquentes sur les rectifications de l’orthographe », Vitrine linguistique : « ni les graphies traditionnelles, ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives » ; cette position « correspond à celle de l’Académie française, qui, en 1991, déclarait que les anciennes graphies demeuraient admises et qu’on ne pouvait rejeter les nouvelles graphies ». ↑
- Loi n° 94-665 du 4 août 1994, texte reproduit sur marche-public.fr : article 1er (citation), article 2 (« l’emploi de la langue française est obligatoire ») ; les articles 5 et 14 renvoient aux termes français « approuvés » ; l’article 5 parle des « termes français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l’enrichissement de la langue française ». Ce texte reproduit n’indique pas lesquels de ces renvois sont aujourd’hui en vigueur. ↑
- University of Glasgow Library, « Johnson’s Dictionary », 2007 : « this dictionary took Johnson and his small team of helpers nine years to compile » ; « over 40,000 definitions and select nearly 114,000 illustrative quotations » ; comité de la Royal Society de 1664 « for improving the English tongue ». ↑
- Samuel Johnson, Preface to a Dictionary of the English Language, 1755 (Project Gutenberg). Textes originaux : « it should fix our language, and put a stop to those alterations which time and chance have hitherto been suffered to make in it » ; « academies have been instituted, to guard the avenues of their languages, to retain fugitives, and repulse intruders; but their vigilance and activity have hitherto been vain » ; « sounds are too volatile and subtile for legal restraints; to enchain syllables, and to lash the wind, are equally the undertakings of pride » ; « If an academy should be established for the cultivation of our stile, which I, who can never wish to see dependance multiplied, hope the spirit of English liberty will hinder or destroy » ; « words are the daughters of earth, and that things are the sons of heaven ». Traductions de la rédaction. ↑
- Fred Borch, University of Virginia, « Noah Webster Changed American English Forever », 2026 : « Colour, harbour and neighbour became color, harbor and neighbor. Waggon and centre became wagon and center. » ; « those speaking English in America had their own ideas about how the language they spoke should evolve ». ↑
- Duden, « Konrad Duden » : « Vertreter der gemäßigt phonetischen Richtung […] „Schreibe, wie du sprichst" » ; environ 27 000 entrées ; orthographe unifiée « ab Januar 1903 amtlich » ; « Ab der 7. Auflage (1902) war Konrad Dudens Werk faktisch das für die deutsche Rechtschreibung verbindliche Wörterbuch ». ↑
- Duden, « Auflagen des Dudens (1880–2024) » : titre de l’édition de 1880 ; résultats de la IIe conférence orthographique (Berlin, 1901) ; le « Reformduden » de 1996, premier Duden appliquant systématiquement la nouvelle orthographe. ↑
- Otto Basler, « Duden, Konrad Alexander », Neue Deutsche Biographie, 1959 : « die für Deutschland, Österreich und die Schweiz verbindliche Reform von 1901 » ; « in der 7. Auflage (1902) die neue Rechtschreibung durchgeführt ». ↑
- KMK, communiqué du 31 juillet 1998 : décision de décembre 1995, déclaration d’intention de Vienne de juillet 1996, entrée en vigueur le lendemain du communiqué, transition « bis zum 31. Juli 2005 ». ↑
- KMK, « Rat für deutsche Rechtschreibung konstituiert sich am 17. Dezember 2004 » : séance constitutive à Mannheim ; « 18 Mitglieder aus Deutschland, 9 Mitglieder aus Österreich und 9 Mitglieder aus der Schweiz ». ↑
- Rat für deutsche Rechtschreibung, communiqué sur la réélection de Josef Lange : six États ou régions membres, voix consultative du Luxembourg ; « die Einheitlichkeit der Rechtschreibung im deutschen Sprachraum zu bewahren » ; « Seine Vorschläge zur Anpassung des Regelwerks erhalten Bindungswirkung für Schule und öffentliche Verwaltung » après décision des instances étatiques. ↑
- Office québécois de la langue française, « Politique éditoriale », Vitrine linguistique (mandat fondé sur les articles 159 et 162 de la Charte de la langue française). ↑
- Roberto Paternostro, « L’insécurité linguistique, une caractéristique (socio)professionnelle de l’enseignant de FLE/S ? », 2025 : « Élaborée par Labov dans les années 60 aux États-Unis (Labov, 1966) » ; définition de Wim Remysen citée par l’auteur. Référence de Remysen, d’après la bibliographie de Paternostro : « L’insécurité linguistique à l’école : un sujet d’étude et un champ d’intervention pour les sociolinguistes », dans N. Vincent et S. Piron (dir.), La linguistique et le dictionnaire au service de l’enseignement du français au Québec, Nota Bene, 2018, p. 25-59. ↑
- Bachir Bessai, « Insécurité linguistique en contexte minoritaire algérien », 2019, citant Michel Francard (1993 et 1997) ; l’hypercorrection y figure parmi les manifestations de l’« insécurité linguistique agie ». La définition de l’hypercorrection donnée dans l’article est une définition générale de la rédaction ; elle ne vient pas de cette source. ↑
